“Je suis Pilgrim” de Terry Hayes

Publié le par Chloé.N

“Je suis Pilgrim” de Terry Hayes

Pas facile de chroniquer “Je suis Pilgrim”. Tout d’abord pour le classer dans un genre en particulier. Certains le mettent dans la catégorie thriller, d’autres dans le polar, dans l’espionnage ou encore dans le policier. En fait, “Je suis Pilgrim” est un condensé de tous ces genres. Ensuite pour en faire un résumé sans spoiler le roman.

Terry Hayes démarre sur les chapeaux de roue. De suite, il nous met dans l’ambiance. Une femme retrouvée dans une chambre d’hôtel minable de New York, sans visage, sans empreintes et sans dents. Très vite, Ben Bradley l’inspecteur chargé de l’affaire, pense que le crime a été inspiré d’un livre. Pas n’importe quel livre. Celui d’un ex agent des services secrets, auteur d’une véritable “bible” en matière de criminologie et qui compte bien profiter de sa nouvelle vie de jeune retraité dans l’anonymat.
Mais d’autres crimes tout aussi horribles vont avoir lieu dans différents pays.

Tout comme la quatrième de couverture, je n’en dirais pas plus, si ce n’est que le fond de cette histoire est terrifiante.

J’ai souvent entendu que beaucoup n’avaient pas accroché et avaient tout bonnement abandonné leur lecture. J’avoue moi aussi, j’ai décroché. Grossière erreur.

On commence sur un meurtre et on s’attend à une enquête, alors que l’auteur nous emmène, non pas sur un mais sur plusieurs autres terrains. Quel rapport avec le premier meurtre ? Je me suis demandée à de nombreuses reprises où l’auteur voulait nous emmener, si lui-même ne s’était pas perdu. Gardez à l’esprit que l’auteur est avant tout un scénariste de films à gros budgets, et qu’il sait donc nous tenir en haleine et faire durer le suspense. Et il y réussit d’une main de maître.
“Je suis Pilgrim”, c’est le parcours de deux cerveaux particulièrement doués. Au début, Terry Hayes pose les jalons, introduit peu à peu ses personnages. Ca débute comme un énorme puzzle avec des pièces qui ne s’emboîtent pas. On s’y perd, c’est normal mais croyez-moi, ça vaut le coup de continuer.

Vous, dingues de polars et de thrillers, oubliez vos habitudes d’essayer de deviner la suite de votre lecture, ici c’est peine perdue. L’auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes.

Si je devais résumer ce roman, je dirais un mélange de “Homeland” et de “24 heures”. Notamment pour le contexte géopolitique.

Vous l’avez compris, j’ai aimé. Non, j’ai A-DO-RE ! En refermant ce livre, mes premiers mots étaient “P… de m…, qu’est-ce-qu’il est bon celui-là… !!”

Pour un premier roman, Terry Hayes a tapé fort. Très fort. Bien que la construction de l’histoire peut en dérouter plus d’un au départ, ça reste un roman d’une très grande efficacité, pas de temps mort, le suspense, il va sans dire, est au rendez-vous, des intrigues qui se croisent, des rebondissements là où l’on ne s’y attend pas. L’auteur arrive à nous surprendre tout au long du livre et la lecture est très visuelle qu’on se dit que ça ferait un très bon scénario de film. Ca tombe bien, le début du tournage est prévu pour cette année et devinez qui va s’occuper du script ?
Allez y, une fois passé les 120 premières pages (il y en a 600), “Je suis Pilgrim” devient un véritable page-tuner.

Je suis Pilgrim” de Terry Hayes aux éditions JC Lattès - 2014

Commenter cet article