“La Rage” de Zygmunt Miloszewski

Publié le par Chloé.N

La Rage - Zygmunt Miloszewski - Ed. Fleuve Noir - 2016

Style à part pour ce polar dépaysant où Zygmunt Miloszewski nous plonge avec sa Rage dans une Pologne sombre et triste.

Le procureur Téodore Szacki désespère de pouvoir traiter une vraie affaire. Muté depuis deux ans à Olsztyn, dans la région de Varmi, ses dossiers sont pliés en moins de temps qu’il n’en faut pour les ouvrir.
Quand des ossements humains sont retrouvés lors de travaux de voirie, c’est à cette pointure du Barreau que l’on confie le dossier. Au départ, Szacki pense aux restes d’un Allemand, vestige de l’Histoire du pays. Mais les analyses vont “parler” et raconter une toute autre fin. Szacki s’accroche à cette affaire, négligeant une femme apeurée par son mari, venue lui demander de l’aide.

Alors que son adjoint est sur le point de déposer une plainte contre lui pour manquement à la déontologie de leur profession, Szacki va découvrir cette même femme baignant dans son propre sang, son jeune fils jouant à ses côtés. Szacki est alors loin de se douter que toutes ces affaires vont prendre une tournure très personnelle…

Pour mon premier polar polonais, on peut dire que c’est une surprise. A tous points de vue.
L’auteur plante immédiatement le décor. C’est sombre, froid, lugubre. Et moche. C’est lui qui le dit ! L’auteur introduit ici et là quelques éléments de l’Histoire de la Pologne, pour mieux comprendre et nous mettre dans l’ambiance.
Ensuite les personnages ne sont franchement pas attachants. Szacki, toujours tiré à quatre épingles, est un homme direct, pète-sec, impatient, qui vit avec deux “boudeuses”. C’est mal parti hein ? Eh bien non, on arrive aisément à passer outre. Cela donne même plus de force à l’atmosphère que l’auteur réussit à merveille à instaurer.

La Rage” est un polar qui change. A commencer par son héros, un procureur qui mène l’enquête.  Le mode opératoire plutôt inhabituel vous donnera l’occasion d’une petite révision en biologie. Puis le lieu. Et l’auteur n’y va pas de main morte, il est loin d’être tendre avec son pays.
Les chapitres quant à eux, démarrent tous avec les nouvelles du jour.

Ne vous attendez pas à un polar rythmé. Ca monte petit à petit en puissance. C’est très détaillé, rendant la lecture très visuelle. L’auteur maintient son lecteur avec des coups de théâtre tombant à pic, parfaitement maîtrisés. Quelques scènes peu ragoûtantes, et des pointes d’humour (noir) apportent un certain équilibre au milieu de toute cette noirceur.

Tout comme de nombreux de livres nordiques, quand on s’attaque, ici, à un polar venu de l’Est, on pourrait redouter des noms imprononçables ou impossible à retenir. Dans La Rage, il n’en est rien pour les personnages.

En bref, manipulation et vengeance au programme de ce polar dépaysant.

En espérant une suite, le rendez-vous est déjà pris pour découvrir un peu plus l’univers de cet auteur.  

   
La Rage” de Zygmunt Miloszewski - Ed. Fleuve Noir - 2016

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